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6
h. Boulangerie de l'Université. Christophe Diener s'affaire
à ranger les baguettes croustillantes dans la panetière.
La vendeuse du matin a eu une panne d'oreiller, je la
remplace au pied levé ». L'artisan a débuté sa journée
à 3 h 30. Une journée qui s'annonce chargée. À quelques
jours de Pâques, la confection des oeufs, lapins et autres
fritures occupe les esprits:
6 h 30. Direction Métro, le supermarché des pros. Dans le
chariot des fraises, des tomates, des laitues... « Généralement
je fais ces achats en 10 minutes ! » Au pas de course,
Christophe Diener décharge et recharge son véhicule. Les
caisses, de pains et de viennoiseries sont à emmener à la
pâtisserie-chocolaterie des Champs, rue Saint-François.
Cette boutique là, acquise il y a 9 ans, jouxte le futur
centre commercial. Un emplacement en or. Sauf que le
commerçant est déçu. « Ma devanture a pour vis à vis
la porte de livraison du Monoprix ». Un peu bétonné,
l'horizon
7 h. Dans le petit salon de thé, ça sent bon la ganache.
Sur les tables, des cloches, des poissons et deux énormes
vaches attendent d'être empaquetés. À l'arrière, dans le
laboratoire, la concentration grimpe de quelques degrés.
L'assemblage des petites pièces chocolatées nécessite de
la précision, L'ambiance est au silence. Au sein d'une
équipe quinze salariés, il y a Kamil. C'est second du
patron. Kamil est sourd. Alors Christophe Diener s'est mis
à la langue des signes. Et tous les collègues en font de
même. La confraternité peut parfois se passer du verbe .
L'amour du travail bien fait :
7 h 15 Où sont les choux en pâte d'amande ? » Peu à
peu, les tortues prennent forme Deux fleurs sur-un chapeau
vert, des yeux bicolores„des petites mains en chocolat
blanc.
Les ingrédients brillent ou se matifient à la
demande. « J'achète du Valrhona,
c'est un grand cru qui se tient bien. Cela me démarque des
autres ». |
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Christophe
Diener, 37 ans, est devenu chocolatier après des études en
École de commerce. Il a appris son métier chez son père artisan
à Saint-Quay-Portrieux. II s'est perfectionné auprès' des
maîtres parisiens dont Gaston
Lenôtre. II en garde un amour du travail bien fait. «
Pâques est une période amusante. On élabore une collection et
on teste de nouvelles pièces ".
7 h 30 Véronique Diener et sa fille aînée poussent la porte du
magasin. Avant de rejoindre le collège Saint Charles Lucie
aide sa maman à emballer les lapins.
« J'aime passer du temps avec. mes
trois enfants. Lucie est en classe bilingue, car les langues c'est
important ». L'artisan
évoque son jeune frère Jean-Charles exportateur de poissons au
Vietnam : « On rêve qu'il nous commercialise à l'International
le Tro-Breiz notre spécialité pralinée crêpe dentelle ».
9 h 30. Cette fois, c'est le frère cadet, Sébastien qui
débarque. II est l'autre cheville ouvrière de la maison Diener.
II y a trois ans, l'ingénieur en électronique a quitté Paris
pour revenir s'investir dans l'entreprise familiale. II ne
regrette rien. « Cette association est un rêve d'enfance,
elle date du temps, où Christophe et moi vendions des petits
pains sur la plage de Saint-Quay ».10
h. retour à la boulangerie de l'Université où Sébastien Diener
a son bureau. D'ici, il gère la belle affaire qui emploie 15
personnes. Et le jeune papa ne manque pas d'idées pour booster le
commerce ; sandwicherie, nouveau four à pain, travaux
d'embellissement… « Notre force ?
Des valeurs familiales, le respect des produits de qualité et le
respect de nos salariés ».
Catherine LEMESLE
OUEST FRANCE
2009 |
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